Indices de collusion dans le déneigement à Montréal

Le vérificateur général de la Ville de Montréal a annoncé le 16 juin 2014 avoir trouvé des indices de collusion dans les secteurs du déneigement et de la gestion des déchets. Son rapport fait 680 pages. Le graphique ci-dessous reprend deux de ses citations qui ont fait le plus de bruit et extrait les chiffres sur lesquels elles reposent pour les visualiser.

Il est important de rappeler que le vérificateur se limite à dire que cette situation suggère de la collusion, mais ne la prouve pas. Le fait que certains contacteurs réussissent à monopoliser le marché dans un arrondissement par exemple peut être dû à une entente avec des concurrents pour qu'ils ne fassent pas une offre concurrentielle sur le même territoire, en échange de réciprocité sur un autre territoire. Cela dit, des mécanismes de marché peuvent aussi en arriver à un résultat similaire, d'où l'importance d'enquêter avant de conclure qu'il y a collusion.


Libérer l'information

L'exploration de données d'intérêt public comme celles-ci est rendue difficile par plusieurs facteurs.

Dès le départ, aucun des articles citant le rapport (La Presse, Radio-Canada, Huffington Post, Métro, Journal de Montréal, TVA) n'incluaient de lien vers celui-ci, à l'exception notable du Devoir. Ce genre d'oubli, qu'on s'explique mal, réduit les chances que les lecteurs — des citoyens concernés par la nouvelle — aillent à la source pour compléter leur compréhension de la situation.

De façon plus importante, le vérificateur général de la Ville de Montréal ne rend pas la tâche facile à ceux qui s'intéressent à ses données. Son rapport est bourré de tableaux et de chiffres et pourtant, le seul format rendu disponible est le PDF (à droite). Ce format ne permet pas d'analyser les données, seulement de lire ce que le vérificateur général y a trouvé. Il faut faire un travail de moine pour recréer les feuilles de calcul utilisées pour créer le PDF. La solution est simple: rendre disponible les données dans un format flexible comme une feuille de calcul (Excel, CSV). Ces feuilles de calcul existent déjà puisque le vérificateur général les a utilisées pour faire son rapport. Ajouter un lien vers celle-ci sur son site est un effort minimal avec un grand potentiel puisque d'autres pourraient alors vérifier les conclusions et en faire de nouvelles. Le vérificateur général, les élus, les médias et les citoyens ont tous à y gagner.